Histoire

Aussi loin que l’on remonte dans son histoire, l’homme a toujours cherché dans les plantes son alimentation et ses remèdes. Toutes les civilisations les ont étudiées et utilisées. L’histoire de l’aromathérapie trouve, elle aussi, ses racines dans celle des civilisations. Mais c’est la France qui lui redonne sa véritable place dans la médecine au 20 ème siècle.

  • 40 000 ans av. J.-C., les aborigènes australiens utilisaient les plantes aromatiques pour traiter les infections par fumigations ou cataplasmes dans lesquels l’eau, l’argile et les plantes montraient leur efficacité synergique.
  • Dans l’Égypte ancienne, on trouve différents témoignages de l’utilisation des plantes aromatiques par exemple :

– 4500 avant JC, des papyrus trouvés à travers les siècles certifient de l’existence de « plantes de vie ».

– 3 200 ans, dans le tombeau de Toutankhamon, on a retrouvé des jarres contenant des résines, dont de l’encens, toujours odorantes après un séjour sous terre.

– 2700 av. J.-C. : Imhotep, architecte et médecin du pharaon, connaissait très bien l’emploi des plantes aromatiques et, parmi elles, le cèdre du Liban, le labdanum, le nard, l’encens, le cumin, la myrrhe, l’anis, la cannelle.

  • L’empire Perse va faire considérablement progresser l’aromathérapie.

– 1 000 ans av. J.-C., les Perses semblent avoir inventé la distillation, mais il faudra attendre 2 000 ans pour que ce procédé soit sensiblement perfectionné.

  • La Grèce Antique

– Au 500 siècle av. J.-C., Hippocrate, père de la médecine scientifique, rassemble toutes les connaissances médicales de l’époque.

– Théophraste (378-285 av. J.-C.) effectue une classification des plantes, dans son ouvrage Historia plantarum, qui ne sera pas améliorée avant la Renaissance.

– Dioscoride, siècles plus tard, élargissant le travail d’Hippocrate, ne recense pas moins de 529 espèces de plantes.

  • Au Moyen-Age

– 795, l’Empereur Charlemagne rédigera un guide des 88 végétaux nécessaires à la vie quotidienne (décoration, nourriture…). Les plantes médicinales étaient quant à elles exclusivement réservées aux monastères et aux maisons nobles.

L’intérêt pour les huiles essentielles renait à l’époque des Croisades, lors du retour en Terre Sainte. La distillation devient pratique courante, tout peut se faire distiller.

– Paracelse réinstaure le pouvoir des huiles essentielles, avec la théorie selon laquelle les différentes parties des plantes ressemblent à une partie de notre anatomie. Cette liaison physique signifierait que, par exemple, les feuilles d’une plante soigneraient les problèmes liés au système respiratoire. Autre exemple, la résine des arbres cicatriserait n’importe quelle blessure.

– Avicenne, médecin et philosophe (980-1037), qui produit la première huile essentielle pure ; c’est une huile essentielle de roses. Pour cela, il met au point un alambic. La distillation par la vapeur d’eau autorisait l’extraction d’huiles essentielles pures de très nombreuses plantes. Avicenne écrit de nombreux ouvrages médicaux dans lesquels il fait une large place aux huiles essentielles.

  • la renaissance Européenne

Les huiles essentielles sont très réputées en Europe lors de la Renaissance.

En France, les gantiers-parfumeurs sont célèbres. Le ministre des Finances Colbert (1619 – 1683) ira même jusqu’à leur offrir le monopole de la vente et de la distribution des parfums.

La Renaissance européenne est l’époque créatrice de la diffusion d’huiles essentielles. Les premiers diffuseurs sont appelés « pomanders », car leur forme sphérique rappelle celle d’une pomme. La diffusion était réputée pour désinfecter les maisons et les personnes.

En période de peste, les pomanders étaient nécessaires pour stopper l’épidémie. Le mélange efficace contre la peste sera révélé par quatre détrousseurs.

L’aromathérapie tombe ensuite dans l’oubli et il faut attendre le xxe siècle pour qu’elle réapparaisse comme médecine à part entière. En France, quelques grands noms, tous pharmaciens, médecins et chimistes, guident et construisent la nouvelle aromathérapie.

  • La période comtemporaine
René-Maurice GATTEFOSSE

– 1918, René-Maurice Gattefossé, chimiste et parfumeur, se brûle la main lors d’une explosion dans son laboratoire. Par réflexe, il plonge sa main dans un récipient rempli d’huile essentielle de lavande vraie. Le soulagement est immédiat, la guérison de la plaie et sa cicatrisation d’une rapidité déconcertante. Ce résultat surprenant l’incite à se consacrer à l’étude des propriétés antibactériennes des huiles essentielles. Il crée en 1928 le mot « aromathérapie » et publie en 1931 un ouvrage du même nom dans lequel il décrit la relation entre la structure biochimique de l’huile essentielle et son activité.

– 1929, Sévelinge, un pharmacien lyonnais, étudie les huiles essentielles en médecine vétérinaire et confirme le potentiel antibactérien élevé de ces substances aromatiques.

Docteur_Valnet

– 1964, le docteur Valnet, chirurgien militaire, dans l’urgence, en raison d’un manque soudain de médicaments classiques, vérifie leur efficacité sur le terrain. Il publie alors des ouvrages de vulgarisation qui font connaître au grand public l’efficacité des huiles essentielles. Il en relance ainsi l’usage médical.

Duraffourd, Lapraz, d’Hervincourt et Belaiche, tous les quatre médecins, prennent ensuite le relais, affinent la thérapeutique aromatique, créent des enseignements et rédigent des documents qui posent cette médecine naturelle de pointe.

– 1975, Pierre Franchomme, aromatologue, met en évidence l’importance du chémotype (ou race chimique de l’espèce) ou, en d’autres termes, la définition des molécules biologiquement actives sur un certain nombre de pathologies étudiées cliniquement.

Sa précision permet de réduire les échecs thérapeutiques et de diminuer les effets secondaires ou les risques de toxicité.

Le chémotype associé à la dénomination scientifique latine permet la parfaite compréhension du mode d’action des huiles essentielles et d’obtenir un traitement naturel, puissant et efficace.

-1991, Dominique Baudoux, pharmacien belge, reprendra la direction du laboratoire de Pierre Franchomme. Il met en vente des synergies d’huiles essentielles directement prêtes à l’emploi pour les consommateurs. De plus, il transforme les huiles essentielles afin qu’elles soient plus facile à utiliser (gélules, shampoings, frictions…).

Aujourd’hui, l’aromathérapie est répandue dans le monde entier, et les connaissances quant à leur utilisation sont précises. Beaucoup de laboratoires travaillent également sur la recherche de l’aromathérapie certifiée bio.

L’aromathérapie est sûrement l’une des techniques les plus naturelles possibles contre les affections du corps humain. Elle est aussi efficace en prévention qu’en guérison.


Le Chémotype et les Familles biochimique

Le chémotype (ou chimiotype) est la chimie des Huiles essentielles.

Plus précisément, le chémotype est une classification chimique, biologique, et botanique qui désigne la ou les molécules la ou les plus présente dans une Huile Essentielles. Il dépend du sol, du climat et de la période de récolte de la plante. Par exemple :

Thym vulgaris présente ds variétés et des propriétés suivantes : Thym CT Thujanol / CT Thymol

La non-connaissance de ces distinction entre divers chémotypes laisse la porte ouverte aux incidents reliés à leur toxicité et à l’échec de la thérapie.

Concernant les familles biochimiques, si l’on reprend les exemples du Thym vulgaris CT Thujanol = famille des MONOTERPENOLS et CT Thymol = familles des PHENOLS.

Les PHENOLS sont des anti-infectieux puissants à large spectre (bactéricide, virucide, fongicide), immunostimulant comme l’ORIGAN, le clou de GIROFLE, la SARRIETTE. Mais ATTENTION, ils sont DERMOCAUSTIQUE et HEPATOTOXIQUE (à forte dose).

Les MONOTERPENOLS sont des Antibactériens, Antiviraux, Immunostimulants et Tonique comme le Thym Linalol et Thujanol, le Tea-tree, le Bois de rose. – AUCUNES EN PARTICULIER, Très toléré par la peau – Linalol = molécules très douce = Enfants


La Fabrication des Huiles Essentielles

Où sont-elles produites ?

Les huiles essentielles sont produites sur tous les continents, dans tous les climats, et à toutes les altitudes. Les climats tropicaux sont particulièrement à l’honneur : la riche biodiversité de certains pays, comme Madagascar, offre régulièrement de belles surprises aux chercheurs !

Comment sont-elles produites ?

Exemple de distillation à la vapeur d’eau

S’il existe différents modes de production des huiles essentielles, mais les plus connus sont  :

  • la distillation par entraînement à la vapeur d’eau.

C’est encore aujourd’hui le plus utilisé. Si le mécanisme est assez simple, sa maitrise demande une grande expérience et un certain doigté : n’est pas Maître Distillateur qui veut ! Mais voyons ensemble comment cela fonctionne !

  • L’expression

Ce procédé d’extraction est le plus simple de tous, et est utilisé généralement pour obtenir les essences d’agrumes. Il s’agit tout simplement d’éclater les sacs d’arômes manuellement, en les explosant par pression mécanique.

Les substances aromatiques obtenues sont très appréciées et de bonne qualité. La pulpe est extraite de l’agrume, puis le zeste est pressé. L’essence et l’eau sont enfin séparées par une décantation à froid.

Par exemples pour obtenir un Kilogramme d’huile essentielle, il sera nécessaire d’utiliser :

12000 à 4000 kg d’herbe de Mélisse

4000 à 3500 kg de pétales de Rose de Damas

150 kg de sommités fleuries de Lavande Vraie

75 kg de sommités fleuries de Lavandin

6 à 7 kg de boutons floraux de clous de Girofle