Anxiété, angoisse : qu’est-ce que c’est ?

Selon le site « Passeportsanté.net », les troubles anxieux regroupent divers troubles en lien avec une anxiété excessive et difficiles à gérer, qui se manifestent de façons très variables. Il peut s’agir d’attaques ou de crises de panique aiguës, de phobies, de troubles anxieux généralisés. Il existe également plusieurs classifications de ces troubles, différant légèrement selon les pays.

Dans la population générale, l’ensemble des troubles anxieux a une prévalence d’environ 15 % sur 12 mois environ (et jusqu’à 20 à 30 % si on prend en compte la vie entière). Ils font partie des troubles mentaux les plus fréquents. Le trouble anxieux généralisé touche 2 à 6 % des adultes (un peu plus de femmes que d’hommes).

Si l’anxiété ponctuelle est normale, les personnes atteintes de troubles anxieux sont aux prises avec une anxiété excessive, persistante, qui affecte gravement leur qualité de vie. Le diagnostic est posé si la peur est disproportionnée (en durée, en intensité ou en fréquence) par rapport à la situation réelle, et si les symptômes persistent plus de 6 mois.

Il s’agit d’un trouble de santé mentale qui nécessite une prise en charge médicale et psychologique adéquate.

Les différents types de troubles anxieux

Les troubles anxieux se manifestent de façons très variables, allant de crises de paniques à une phobie très précise, en passant par une anxiété généralisée et quasi constante, qui n’est justifiée par aucun événement particulier.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) répertorie six entités cliniques (classification européenne CIM-10) parmi les troubles anxieux :

  • le trouble anxieux généralisé,
  • le trouble panique avec ou sans agoraphobie,
  • le trouble d’anxiété sociale,
  • la phobie spécifique (par exemple la phobie des hauteurs ou des araignées),
  • le trouble obsessionnel compulsif,
  • l’état de stress post-traumatique.

La version la plus récente du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux », le DSM-5, parue en 2014, très utilisée en Amérique du Nord, propose quant à elle de catégoriser les différents troubles anxieux comme suit :

  • les troubles anxieux,
  • les troubles obsessionnels compulsifs et autres troubles associés,
  • les troubles associés au stress et aux traumatismes.

Chacune de ces catégories comprend une dizaine de « sous-groupes ». Ainsi, parmi les « troubles anxieux », on trouve, entre autres : l’agoraphobie, le trouble d’anxiété généralisé, le mutisme sélectif, la phobie sociale, l’anxiété induite par un traitement médicamenteux ou par des drogues, les phobies, etc.

Les symptômes des troubles anxieux (anxiété, angoisse)

Les symptômes varient d’une personne à l’autre, et comprennent en général plusieurs de ces signes :

  • sensation de peur, d’inquiétude, de panique ou malaise
  • palpitations cardiaques
  • sueurs (mains moites, bouffées de chaleur…)
  • tremblements
  • souffle court, bouche sèche
  • sensation d’étouffement
  • douleurs dans la poitrine
  • nausées
  • vertiges ou étourdissements
  • picotements ou engourdissements dans les membres
  • troubles du sommeil
  • autres symptômes physiques variés.

Le DSM-5 recommande de poser les questions suivantes pour dépister les troubles anxieux : au cours des deux dernières semaines, à quel point vous êtes vous senti(e) gêné(e) par ces sensations ?
    — Se sentir nerveux, anxieux, effrayé, inquiet
    — Se sentir paniqué ou être effrayé
    — L’envie d’éviter des situations qui vous rendent anxieux.

Le trouble panique (ou crises de panique) est caractérisé par des attaques de panique imprévisibles et récurrentes, au cours desquelles la personne a du mal à respirer, ressent une peur intense, incontrôlable, et d’autres symptômes comme par exemple des nausées ou des palpitations.

L’anxiété généralisée correspond, comme le terme l’indique, à un sentiment général et constant d’anxiété difficile à contrôler.

La phobie sociale, quant à elle, se traduit par une peur excessive face à diverses situations sociales, qui pourraient être embarrassantes, humiliantes, ou qui sont associées à une notion de performance.

Les phobies spécifiques peuvent être associées à une grande diversité de situations ou d’objets/animaux. Elles entrainent une peur totalement irraisonnée, par exemple des araignées, des ascenseurs, des transports publics…

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont une manifestation d’anxiété et ils se traduisent par des idées obsédantes, envahissantes, et des comportements compulsifs (par exemple une obsession de la propreté, le besoin de vérifier constamment si telle ou telle chose est à sa place, etc).

Le trouble d’accumulation compulsive est désormais reconnu comme faisant partie des troubles anxieux : il se traduit par le besoin irrépressible d’accumuler des objets (des brochures, des objets trouvés dans la rue, etc).

Enfin, le syndrome de stress post-traumatique est un profond malaise, une peur survenant à la suite d’un événement traumatisant, parfois quelques mois après.

En général, les phobies spécifiques apparaissent tôt, dans l’enfance ou l’adolescence, alors que l’anxiété généralisée, les troubles paniques ou le syndrome de stress post-traumatique surviennent en moyenne plus tard, entre 24 et 50 ans.

Il est important de noter que les troubles anxieux sont de sévérités variables. Certaines personnes qui en souffrent sont incapables de mener une vie normale (par exemple sortir de chez elles, prendre les transports…), d’autres vivent avec des crises plus ponctuelles, mais imprévisibles. Certains événements peuvent aggraver les symptômes et faire resurgir certaines angoisses. Notons aussi que de nombreuses personnes atteintes de troubles anxieux ne sont pas diagnostiquées et ne bénéficient donc pas d’un suivi médical. Dans tous les cas, une prise en charge médicale et une évaluation psychologique sera utile pour améliorer la qualité de vie

Les causes et les facteurs de risque des troubles anxieux

Avant tout, il est utile de rappeler que l’anxiété est une émotion normale, qui apparaît lorsqu’on se sent menacé ou en danger. Elle devient néfaste et problématique lorsqu’elle se manifeste de façon excessive par rapport à la menace réelle ou qu’elle persiste sur une longue durée, interférant ainsi avec les activités et le fonctionnement quotidien de la personne.

Les causes des troubles anxieux ne sont pas parfaitement connues. Elles font intervenir des facteurs génétiques, physiologiques et environnementaux.

Ainsi, on sait qu’une personne a plus de risque de présenter des troubles anxieux si quelqu’un de sa famille en souffre. Le fait d’être une femme est également reconnu comme un facteur de risque de trouble anxieux.

Le fait d’avoir vécu des événements stressants ou traumatisants, en particulier dans l’enfance, ou la présence d’un autre trouble psychiatrique (trouble bipolaire, par exemple) peuvent également favoriser les troubles anxieux.

Finalement, on sait que la survenue d’un trouble anxieux est liée, entre autres, à des perturbations physiologiques du cerveau, en particulier au niveau de certains neurotransmetteurs, ces substances qui servent de messagers aux influx nerveux d’un neurone à l’autre. Plus précisément, le GABA (le principal inhibiteur de toutes les réactions excessives des neurones), la noradrénaline et la sérotonine sont impliquées. Les traitements médicamenteux des troubles anxieux agissent justement sur la régulation de ces neurotransmetteurs. Le cortisol (l’hormone du stress) joue également un rôle.

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